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Embaucher votre premier salarié en Espagne : guide pour les entrepreneurs étrangers

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Embaucher son premier salarié en Espagne est l’un des moments où les entrepreneurs étrangers ayant une activité ici ont le plus de mauvaises surprises. Il ne s’agit pas seulement de signer un papier et de commencer à verser un salaire : il faut s’immatriculer comme employeur auprès de la Sécurité sociale, choisir le bon type de contrat, calculer un coût réel bien supérieur au salaire convenu, et déposer périodiquement des déclarations de retenues auprès du fisc. Si vous venez d’un système où la paie est gérée par un seul prestataire de « payroll », vous serez surpris de découvrir qu’en Espagne ce travail se répartit entre deux professionnels distincts : le conseil en droit social (l’« asesoría laboral ») et le conseil fiscal. Comprendre cette différence dès le premier contrat permet d’économiser de l’argent et bien des tracas.

Le coût réel d’un salarié n’est pas le salaire que vous lui versez

Lorsqu’un salarié en Espagne perçoit, par exemple, 20 000 euros bruts par an, l’entreprise ne paie pas seulement ces 20 000 euros. En plus du salaire brut, l’employeur doit verser chaque mois les cotisations patronales à la Sécurité sociale, calculées en pourcentage du salaire ; en additionnant le régime général, le chômage, la formation professionnelle et le Fonds de garantie salariale (FOGASA), elles représentent généralement entre 30 % et 33 % de plus sur le brut, selon le type de contrat et l’activité. À cela s’ajoutent, selon la convention collective du secteur, d’éventuelles primes ou treizièmes mois proratisés. En pratique, un calcul indicatif raisonnable pour budgétiser consiste à ajouter entre 30 % et 35 % au salaire brut annuel pour obtenir le coût réel pour l’entreprise. De nombreux investisseurs étrangers ne budgétisent que le salaire net que percevra le salarié, puis découvrent que le coût mensuel effectif est bien plus élevé ; bien faire ce calcul avant d’embaucher est la première étape pour ne pas déséquilibrer la trésorerie de l’entreprise.

Immatriculation à la Sécurité sociale et contrat de travail

Avant même que le salarié ne mette les pieds au bureau, l’entreprise doit être inscrite comme employeur auprès de la Tesorería General de la Seguridad Social (TGSS), l’organisme public qui gère les cotisations sociales en Espagne. Cette inscription génère un Código de Cuenta de Cotización (CCC), un numéro qui identifiera l’entreprise dans toutes les démarches de Sécurité sociale à partir de ce moment-là. Il faut ensuite déclarer le salarié lui-même, obligatoirement avant son premier jour de travail, via le système RED (le canal télématique officiel pour gérer les affiliations et les cotisations). En parallèle, le contrat de travail est formalisé et doit être enregistré auprès du Service public de l’emploi (SEPE) dans les jours suivant sa prise d’effet. Il existe plusieurs types de contrats — à durée indéterminée, à durée déterminée, à temps partiel, en stage — et depuis la dernière réforme du droit du travail, le CDI est devenu la norme générale privilégiée par la loi, les contrats à durée déterminée étant réservés à des cas très précis. Si l’entrepreneur étranger ne dispose pas encore d’un NIE (Número de Identidad de Extranjero, l’identifiant dont a besoin toute personne non espagnole pour opérer ici), ou s’il agit par le biais d’une société récemment constituée, il est conseillé de régler ces formalités d’identification avant de démarrer l’immatriculation, car le système RED et le CCC supposent que l’identification fiscale correcte soit déjà opérationnelle.

Retenues, paie, et pourquoi le conseil social et le conseil fiscal ne sont pas la même chose

Chaque mois, en plus de verser le salaire et de cotiser à la Sécurité sociale, l’entreprise doit appliquer au salarié une retenue à la source au titre de l’Impuesto sobre la Renta de las Personas Físicas (IRPF), l’impôt espagnol sur le revenu des personnes physiques. Ce pourcentage se calcule en fonction du salaire prévu, de la situation familiale du salarié et d’autres critères, et les montants retenus sont déclarés à l’Agencia Tributaria (AEAT, l’administration fiscale espagnole) via le Modèle 111, une déclaration généralement déposée chaque trimestre. C’est là que beaucoup d’étrangers présument, à tort, que leur conseil fiscal — celui qui s’occupe de la TVA et de l’impôt sur les sociétés — gère aussi la paie : en réalité, le calcul des bulletins de salaire, les entrées et sorties auprès de la Sécurité sociale et les contrats relèvent du conseil en droit social (la « gestoría laboral »), tandis que le conseil fiscal veille à ce que ces retenues soient correctement déclarées dans le Modèle 111 et cohérentes avec la comptabilité. Travailler avec ces deux prestataires coordonnés, plutôt qu’avec des interlocuteurs qui ne se parlent pas, permet d’éviter l’erreur la plus fréquente : un bulletin de salaire bien calculé qui, ensuite, ne correspond plus à ce qui a été déclaré au fisc.

Chez Zythos Business, nous accompagnons les indépendants et les petites et moyennes entreprises, y compris celles à capitaux étrangers, dans ce type de décisions dès la première étape : de l’estimation du coût réel pour l’entreprise avant même de publier l’offre d’emploi, jusqu’à la coordination avec le volet social pour que les retenues du Modèle 111 et la comptabilité s’accordent, sans surprise, chaque trimestre.

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