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Eau-de-vie, fiscalité et villages : ce que l’Espagne joue avec ses spiritueux

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Chaque fois qu’on parle de l’Espagne rurale, le débat se remplit de diagnostics et se vide d’outils. C’est pourquoi je suis frappé de voir un secteur aux racines profondes dans le territoire, celui des spiritueux, continuer d’être traité dans le discours public comme un sujet mineur, ou pire, comme une simple source de recettes fiscales. Ma thèse est simple : les spiritueux peuvent devenir un véritable moteur d’économie rurale et de rayonnement à l’international, mais seulement si nous cessons de les gérer avec une logique de guichet pour adopter une logique de stratégie.

Un secteur qui fixe l’emploi là où presque rien ne le fait

Une distillerie ne se délocalise pas facilement. Elle dépend d’une matière première agricole proche, d’un savoir-faire accumulé au fil des générations et, dans bien des cas, d’une appellation géographique qui n’a de sens qu’en un lieu précis. Eaux-de-vie de marc, eaux-de-vie, anis, liqueurs d’herbes, brandies, gins aux plantes locales : derrière chaque produit, il y a des agriculteurs, des transporteurs, des embouteilleurs, des designers et, de plus en plus, du tourisme gastronomique.

Cet effet d’entraînement est ce qui distingue ce secteur des autres. La valeur ne reste pas à l’usine : il achète raisin, céréales, herbes ou fruits aux producteurs de la région et redistribue des revenus à des communes qui luttent contre le dépeuplement. Quand on parle de maintenir la population, on oublie rarement qu’une petite distillerie de dix salariés peut peser plus lourd dans un village que bien des mesures au nom ronflant.

La fiscalité : de la prévisibilité avant les privilèges

Voici la partie la moins confortable de mon propos. Les boissons alcoolisées supportent une charge fiscale spécifique, les droits d’accises, en plus de la TVA et de l’impôt sur les sociétés ou de l’impôt sur le revenu applicable à chaque entreprise. Qu’ils existent est raisonnable : ils reposent sur une justification sanitaire et budgétaire que je ne compte pas discuter. Ce que je discute, en revanche, c’est la manière de les gérer.

Pour un petit producteur, le problème est rarement le taux lui-même. C’est la complexité : le régime de l’entrepôt fiscal, les garanties, les déclarations périodiques, la comptabilité des stocks et les contrôles associés exigent une structure administrative qu’une grande multinationale absorbe sans effort et qu’une distillerie familiale subit. C’est une barrière à l’entrée déguisée en neutralité. Deux entreprises soumises au même taux ne supportent pas le même coût réel de mise en conformité.

C’est pourquoi je défends trois choses. D’abord, la prévisibilité : des changements de fiscalité annoncés à l’avance et sans surprise de dernière minute, car un distillat vieillit pendant des années et l’investissement se décide sur des horizons longs. Ensuite, une simplification proportionnelle : des obligations formelles qui évoluent avec la taille de l’entreprise, et non une taille unique. Enfin, des incitations bien conçues en faveur de l’investissement, de l’innovation et de l’exportation, mesurables et dont les résultats peuvent être audités, et non des avantages éternels que personne n’évalue.

Marque pays : la valeur se fabrique hors de la distillerie

L’Espagne est réputée pour son vin et son jambon, mais son image de producteur de spiritueux est bien moins nette. C’est une occasion manquée. Se battre sur les marchés extérieurs exige un récit, de la traçabilité, des certifications et une promotion coordonnée qu’une PME ne peut financer seule. C’est là que la politique publique a un rôle à jouer : soutien à l’internationalisation, protection efficace des appellations et image commune qui évite à chaque producteur de repartir de zéro.

Une précaution s’impose aussi. Faire du secteur un étendard ne doit pas conduire à ignorer la consommation responsable ni la santé publique. La stratégie sérieuse est celle qui mise sur la qualité et la valeur ajoutée, non sur le volume. Moins de litres bon marché, plus de produits qui ont une identité.

En résumé : je ne demande pas de traitement de faveur, je demande de la cohérence. Si nous voulons que le monde rural crée de la richesse et pas seulement de la nostalgie, nous devons soutenir ceux qui y produisent avec un cadre fiscal stable, des démarches raisonnables et une stratégie nationale de long terme. Faire le contraire, c’est déplorer le dépeuplement tout en compliquant la vie de ceux qui le freinent.

Chez Zythos Business, nous voyons chaque jour comment la complexité administrative pénalise les indépendants et les PME qui ont le plus de métier et le moins de structure. Nous les aidons à organiser leur comptabilité, à respecter leurs obligations fiscales dans les délais et à planifier à moyen terme, afin qu’ils puissent consacrer leur énergie à ce qu’ils savent vraiment faire : bien produire et se développer avec discernement.

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