{"id":13933,"date":"2025-11-05T15:08:03","date_gmt":"2025-11-05T15:08:03","guid":{"rendered":"https:\/\/zythos.es\/?p=13933"},"modified":"2025-11-05T16:47:57","modified_gmt":"2025-11-05T16:47:57","slug":"lallemagne-a-la-croisee-des-chemins-analyse-de-la-stagnation-structurelle-du-virage-budgetaire-et-de-la-reconfiguration-de-sa-position-mondiale-et-europeenne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/zythos.es\/fr\/2025\/11\/lallemagne-a-la-croisee-des-chemins-analyse-de-la-stagnation-structurelle-du-virage-budgetaire-et-de-la-reconfiguration-de-sa-position-mondiale-et-europeenne\/","title":{"rendered":"L&rsquo;Allemagne \u00e0 la crois\u00e9e des chemins : Analyse de la stagnation structurelle, du virage budg\u00e9taire et de la reconfiguration de sa position mondiale et europ\u00e9enne"},"content":{"rendered":"\n<p>Ce rapport pr\u00e9sente une analyse approfondie de la situation \u00e9conomique et financi\u00e8re de l&rsquo;Allemagne \u00e0 la fin de 2025. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de pr\u00e8s de deux ans de r\u00e9cession et de stagnation, la premi\u00e8re \u00e9conomie europ\u00e9enne se trouve \u00e0 un point d&rsquo;inflexion critique. Le mod\u00e8le \u00e9conomique historique allemand \u2013 fond\u00e9 sur la prudence budg\u00e9taire, une \u00e9nergie bon march\u00e9 et la domination des exportations industrielles \u2013 s&rsquo;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 intenable face \u00e0 une confluence de vents contraires structurels, de chocs \u00e9nerg\u00e9tiques et d&rsquo;un environnement g\u00e9opolitique hostile.<\/p>\n\n\n\n<p>Le diagnostic macro\u00e9conomique pour 2025 est celui de la paralysie, avec une croissance du PIB qui stagne \u00e0 0,0 % au troisi\u00e8me trimestre et des pr\u00e9visions pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ann\u00e9e avoisinant le z\u00e9ro. Si l&rsquo;inflation globale a diminu\u00e9, l&rsquo;inflation sous-jacente reste obstin\u00e9ment \u00e9lev\u00e9e, tir\u00e9e par les co\u00fbts des services. Cela indique des pressions inflationnistes int\u00e9rieures bien ancr\u00e9es, enracin\u00e9es dans un march\u00e9 du travail qui, bien que faible en surface, est structurellement rigide en raison de la d\u00e9mographie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le c\u0153ur de la crise allemande r\u00e9side dans son secteur industriel. La production s&rsquo;est effondr\u00e9e \u00e0 des niveaux jamais vus depuis les confinements de 2020, avec un \u00e9croulement alarmant dans des secteurs piliers comme l&rsquo;automobile (-18,5 % en un mois), les machines-outils (-6,2 %) et les produits pharmaceutiques (-10,3 %) en ao\u00fbt 2025. Cette crise industrielle est le r\u00e9sultat direct de co\u00fbts \u00e9nerg\u00e9tiques structurellement \u00e9lev\u00e9s, d&rsquo;une concurrence mondiale accrue et de nouveaux droits de douane punitifs impos\u00e9s par les \u00c9tats-Unis.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse, le gouvernement allemand, sous la houlette du nouveau chancelier Friedrich Merz, a amorc\u00e9 une r\u00e9volution budg\u00e9taire en 2025. Par le biais d&rsquo;une r\u00e9forme constitutionnelle historique, il a mis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart le <em>Schuldenbremse<\/em> (le frein \u00e0 l&rsquo;endettement) pour cr\u00e9er un fonds d&rsquo;investissement de 500 milliards d&rsquo;euros dans les infrastructures et exempter les d\u00e9penses de d\u00e9fense des limites de d\u00e9ficit. Ce virage massif vers des d\u00e9penses financ\u00e9es par la dette, bien que jug\u00e9 n\u00e9cessaire \u00e0 la modernisation, place l&rsquo;Allemagne sur une trajectoire de collision directe avec les r\u00e8gles budg\u00e9taires de l&rsquo;Union Europ\u00e9enne, d\u00e9fiant ainsi la cr\u00e9dibilit\u00e9 du Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance que l&rsquo;Allemagne elle-m\u00eame avait d\u00e9fendu.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plan ext\u00e9rieur, le mod\u00e8le de l&rsquo;<em>Exportweltmeister<\/em> (champion de l&rsquo;exportation) s&rsquo;effondre. L&rsquo;Allemagne est prise en tenaille sur le plan g\u00e9opolitique : les droits de douane de \u00ab\u00a0Trump 2.0\u00a0\u00bb (15 % sur les biens de l&rsquo;UE, 50 % sur l&rsquo;acier) ferment le march\u00e9 am\u00e9ricain, tandis que la concurrence chinoise a fait chuter les exportations vers P\u00e9kin de 13,5 %, cr\u00e9ant un d\u00e9ficit commercial record de 87 milliards d&rsquo;euros avec la Chine.<\/p>\n\n\n\n<p>Les perspectives pour 2026-27 sont au centre d&rsquo;un d\u00e9bat intense. Un consensus pessimiste (Commission europ\u00e9enne, Ifo) entrevoit une croissance an\u00e9mique de 1,1 % \u00e0 1,3 %, frein\u00e9e par les blocages structurels. Une pr\u00e9vision optimiste et atypique (Goldman Sachs) parie que la relance budg\u00e9taire portera la croissance \u00e0 1,4 % en 2026 et 1,8 % en 2027. Le succ\u00e8s de la nouvelle doctrine \u00e9conomique allemande d\u00e9pendra de la capacit\u00e9 de cette relance \u00e0 surmonter le frein d\u00e9mographique d&rsquo;une perte de 3,9 millions de travailleurs d&rsquo;ici 2030 et de l&rsquo;efficience du d\u00e9ploiement des capitaux face \u00e0 une bureaucratie bien ancr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9tat de l&rsquo;\u00e9conomie allemande (fin 2025) : Un diagnostic de stagnation<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;\u00e9conomie allemande a pass\u00e9 l&rsquo;ann\u00e9e 2025 \u00e0 \u00ab\u00a0faire du surplace\u00a0\u00bb, selon l&rsquo;expression de l&rsquo;Institut Ifo, caract\u00e9ris\u00e9e par la stagnation, le changement structurel et la paralysie de l&rsquo;activit\u00e9 industrielle et de la consommation. L&rsquo;analyse des indicateurs macro\u00e9conomiques de la fin 2025 confirme le diagnostic d&rsquo;une \u00e9conomie incapable de repartir, marquant la plus longue p\u00e9riode d&rsquo;inactivit\u00e9 \u00e9conomique de l&rsquo;Allemagne au cours des sept derni\u00e8res d\u00e9cennies.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La trajectoire du PIB en 2025 : \u00ab\u00a0Faire du surplace\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>La trajectoire du Produit Int\u00e9rieur Brut (PIB) tout au long de 2025 a \u00e9t\u00e9 volatile et faible. Apr\u00e8s une modeste croissance trimestrielle (T\/T) de 0,3 % \u00e0 0,4 % au premier trimestre, l&rsquo;\u00e9conomie s&rsquo;est brusquement contract\u00e9e au deuxi\u00e8me trimestre. Les chiffres initiaux d&rsquo;une baisse de 0,1 % ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9s \u00e0 la baisse pour atteindre une contraction plus profonde de 0,3 %, principalement caus\u00e9e par une chute de l&rsquo;investissement et une production industrielle plus faible que pr\u00e9vu.<\/p>\n\n\n\n<p>Les estimations pr\u00e9liminaires pour le troisi\u00e8me trimestre 2025, publi\u00e9es le 30 octobre, montrent une stagnation totale, avec une croissance du PIB de 0,0 %. Ce r\u00e9sultat prolonge une p\u00e9riode de pr\u00e8s de deux ans de r\u00e9cession ou de stagnation qui frappe l&rsquo;\u00e9conomie allemande depuis 2022. En glissement annuel (A\/A), la croissance au troisi\u00e8me trimestre \u00e9tait d&rsquo;un an\u00e9mique 0,3 %.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pr\u00e9visions pour l&rsquo;ensemble de l&rsquo;ann\u00e9e 2025 convergent vers une croissance nulle. Le gouvernement allemand lui-m\u00eame a r\u00e9vis\u00e9 \u00e0 la hausse ses pr\u00e9visions \u00e0 0,2 % en octobre, contre une projection ant\u00e9rieure de croissance z\u00e9ro. Cependant, cette l\u00e9g\u00e8re r\u00e9vision est attribu\u00e9e aux d\u00e9penses publiques et non \u00e0 une reprise organique. La Commission europ\u00e9enne (CE) pr\u00e9voit une stagnation totale de 0,0 %, tandis que l&rsquo;Institut Ifo table sur 0,2 %. De mani\u00e8re plus pessimiste, la F\u00e9d\u00e9ration des industries allemandes (BDI) pr\u00e9voit une <em>contraction<\/em> de 0,3 % pour 2025, citant l&rsquo;impact des droits de douane am\u00e9ricains sur les exportations.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dynamique de l&rsquo;inflation : La persistance du probl\u00e8me \u00ab\u00a0sous-jacent\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>En surface, l&rsquo;inflation globale a poursuivi sa trajectoire descendante, se rapprochant de l&rsquo;objectif de la Banque Centrale Europ\u00e9enne (BCE). L&rsquo;inflation globale (mesur\u00e9e par l&rsquo;IPCH) a atteint +2,4 % en septembre 2025 et devrait ralentir \u00e0 +2,3 % en octobre 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, cette mod\u00e9ration de l&rsquo;inflation globale est trompeuse et masque un probl\u00e8me structurel sous-jacent. L&rsquo;inflation sous-jacente (IPCH hors alimentation et \u00e9nergie), souvent consid\u00e9r\u00e9e comme un meilleur indicateur des pressions internes sur les prix, reste \u00ab\u00a0tenace\u00a0\u00bb et \u00e9lev\u00e9e. Elle s&rsquo;est maintenue \u00e0 +2,8 % en septembre et devrait rester \u00e0 +2,8 % en octobre. Les pr\u00e9visions de l&rsquo;enqu\u00eate SPF (Survey of Professional Forecasters) de la BCE placent \u00e9galement l&rsquo;inflation sous-jacente (HICPX) pour 2025 \u00e0 2,4 %, au-dessus de l&rsquo;inflation globale.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette divergence s&rsquo;explique par la composition de l&rsquo;inflation. La baisse de l&rsquo;inflation globale est presque enti\u00e8rement due \u00e0 la chute des prix de l&rsquo;\u00e9nergie, qui ont enregistr\u00e9 une d\u00e9flation de -0,9 % en glissement annuel en octobre. \u00c0 l&rsquo;inverse, l&rsquo;inflation sous-jacente est tir\u00e9e par les prix des <em>services<\/em>, qui ont augment\u00e9 de 3,6 % en octobre. Cette inflation des services est aliment\u00e9e par les augmentations de salaires n\u00e9goci\u00e9es, qui ont progress\u00e9 de 4,4 % en glissement annuel en septembre.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela signifie que l&rsquo;inflation allemande est pass\u00e9e d&rsquo;un choc d&rsquo;offre import\u00e9 (\u00e9nergie) \u00e0 une inflation <em>nationale<\/em> et <em>structurelle<\/em>. Cette dynamique cr\u00e9e un dilemme important : l&rsquo;\u00e9conomie stagne, mais l&rsquo;inflation int\u00e9rieure est \u00e9lev\u00e9e, ce qui limite le soutien de la politique mon\u00e9taire et \u00e9rode le pouvoir d&rsquo;achat r\u00e9el des m\u00e9nages.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le march\u00e9 du travail : Le paradoxe de la faiblesse et de la rigidit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Le march\u00e9 du travail refl\u00e8te la faiblesse \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9rale, mais avec une rigidit\u00e9 sous-jacente qui complique la reprise. Le taux de ch\u00f4mage d\u00e9saisonnalis\u00e9 est rest\u00e9 stable \u00e0 6,3 % en octobre 2025. C&rsquo;est son plus haut niveau depuis fin 2020, refl\u00e9tant un march\u00e9 du travail qui \u00ab\u00a0peine \u00e0 prendre de l&rsquo;\u00e9lan\u00a0\u00bb. Les pr\u00e9visions de l&rsquo;Ifo et de la SPF de la BCE co\u00efncident, projetant un taux de ch\u00f4mage moyen de 6,3 % pour 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Les entreprises restent \u00ab\u00a0r\u00e9ticentes \u00e0 embaucher\u00a0\u00bb et les offres d&#8217;emploi ont diminu\u00e9 de 10 % en glissement annuel au premier semestre 2025. Les indicateurs d&#8217;emploi de l&rsquo;Ifo signalent des suppressions d&#8217;emplois continues dans l&rsquo;industrie manufacturi\u00e8re et le commerce de d\u00e9tail.<\/p>\n\n\n\n<p>N\u00e9anmoins, cette faiblesse apparente masque un paradoxe significatif : compte tenu de l&rsquo;ampleur de la crise industrielle (analys\u00e9e dans la section suivante), le taux de ch\u00f4mage n&rsquo;est pas beaucoup plus \u00e9lev\u00e9. Cela s&rsquo;explique par le fait que l&rsquo;<em>offre<\/em> de main-d&rsquo;\u0153uvre se contracte structurellement en raison du vieillissement de la population. Le r\u00e9sultat est un march\u00e9 du travail \u00e0 la fois faible (6,3 % de ch\u00f4mage) et <em>structurellement tendu<\/em>. Les entreprises font \u00e9tat d&rsquo;une p\u00e9nurie persistante de main-d&rsquo;\u0153uvre qualifi\u00e9e (28 % des entreprises d\u00e9but 2025) et, par cons\u00e9quent, \u00ab\u00a0th\u00e9saurisent\u00a0\u00bb les travailleurs existants m\u00eame pendant une r\u00e9cession, craignant de ne pas pouvoir les r\u00e9embaucher. Cette rigidit\u00e9 maintient les salaires \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9, ce qui alimente \u00e0 son tour l&rsquo;inflation des services, cr\u00e9ant un cercle vicieux de faible productivit\u00e9 et de co\u00fbts salariaux \u00e9lev\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Confiance des entreprises et des consommateurs<\/h3>\n\n\n\n<p>La confiance reste volatile et morose, refl\u00e9tant une profonde incertitude. L&rsquo;indice Ifo du climat des affaires a <em>augment\u00e9<\/em> en octobre pour atteindre 88,4, d\u00e9passant les pr\u00e9visions. Cependant, cela faisait suite \u00e0 une <em>baisse inattendue<\/em> en septembre \u00e0 87,7.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, un rebond des commandes \u00e0 l&rsquo;industrie allemande en septembre (+1,1 %) a offert un bref r\u00e9pit. Ce rebond est toutefois intervenu apr\u00e8s quatre mois cons\u00e9cutifs de baisse et a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 par des commandes \u00e9trang\u00e8res volatiles (comme les a\u00e9ronefs). Les analystes pr\u00e9viennent qu&rsquo;il \u00ab\u00a0n&rsquo;y a toujours gu\u00e8re de signes d&rsquo;une reprise durable\u00a0\u00bb. La confiance des m\u00e9nages s&rsquo;est \u00e9galement d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e et les intentions de d\u00e9penses restent faibles, ce qui sugg\u00e8re que la consommation priv\u00e9e restera atone.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Principaux indicateurs macro\u00e9conomiques allemands (2024-2025)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><thead><tr><td><strong>Indicateur<\/strong><\/td><td><strong>2024 (R\u00e9el\/Estim\u00e9)<\/strong><\/td><td><strong>T1 2025<\/strong><\/td><td><strong>T2 2025<\/strong><\/td><td><strong>T3 2025<\/strong><\/td><td><strong>2025 (Pr\u00e9vision)<\/strong><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><strong>Croissance PIB R\u00e9el (T\/T)<\/strong><\/td><td>-0,2%<\/td><td>+0,3%<\/td><td>-0,3%<\/td><td>0,0%<\/td><td>+0,2% (Gouv.) \/ 0,0% (CE)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Croissance PIB R\u00e9el (A\/A)<\/strong><\/td><td>-0,2%<\/td><td>&#8212;<\/td><td>+0,3%<\/td><td>+0,3%<\/td><td>&#8212;<\/td><\/tr><tr><td><strong>Inflation IPCH (A\/A)<\/strong><\/td><td>+2,5%<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>+2,4% (Sep)<\/td><td>+2,4% (CE) \/ +2,3% (Oct)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Inflation Sous-jacente IPCH (A\/A)<\/strong><\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>+2,8% (Sep)<\/td><td>+2,8% (Oct) \/ +2,4% (SPF)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Taux de Ch\u00f4mage (d\u00e9sais.)<\/strong><\/td><td>3,4% (CE)<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>6,3% (Ao\u00fb\/Sep)<\/td><td>6,3% (Oct) \/ 3,6% (CE)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Solde Budg\u00e9taire (% PIB)<\/strong><\/td><td>-2,8%<\/td><td>-28,9 Mds \u20ac (S1)<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>-2,7% (CE)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Dette Publique (% PIB)<\/strong><\/td><td>62,5%<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>63,8% (CE \/ TE)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le moteur industriel : Anatomie d\u2019une crise sectorielle<\/h2>\n\n\n\n<p>La stagnation macro\u00e9conomique de l&rsquo;Allemagne est aliment\u00e9e par une crise profonde et douloureuse au c\u0153ur de son industrie. La production industrielle est tomb\u00e9e \u00e0 des niveaux jamais vus depuis le d\u00e9but de la pand\u00e9mie, alors que la confluence des co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie, de la faiblesse de la demande mondiale et des chocs commerciaux a paralys\u00e9 les secteurs qui ont longtemps constitu\u00e9 l&rsquo;\u00e9pine dorsale de l&rsquo;\u00e9conomie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;effondrement de la production : \u00ab\u00a0Le plus bas niveau depuis mai 2020\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n\n<p>Les donn\u00e9es de la production industrielle pour 2025 d\u00e9peignent un tableau sombre. En juin 2025, la production a chut\u00e9 de 1,9 % sur un mois, atteignant son plus bas niveau depuis mai 2020, au plus fort des confinements li\u00e9s au COVID-19.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette faiblesse s&rsquo;est transform\u00e9e en un effondrement total en ao\u00fbt 2025, lorsque la production industrielle a chut\u00e9 d&rsquo;un niveau alarmant de 4,3 % en un seul mois. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un d\u00e9clin temporaire. La F\u00e9d\u00e9ration des industries allemandes (BDI) confirme que la production industrielle reste \u00ab\u00a0nettement inf\u00e9rieure au niveau d&rsquo;avant la crise de 2019\u00a0\u00bb. Le taux d&rsquo;utilisation des capacit\u00e9s industrielles stagne \u00e0 un niveau an\u00e9mique de 77 %, ce qui t\u00e9moigne d&rsquo;une marge de man\u0153uvre massive et d&rsquo;un manque de demande.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dissection du d\u00e9sastre d&rsquo;ao\u00fbt : Un effondrement des piliers centraux<\/h3>\n\n\n\n<p>La chute de 4,3 % en ao\u00fbt n&rsquo;a pas \u00e9t\u00e9 un d\u00e9clin g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, mais un effondrement chirurgical des secteurs les plus vitaux et les plus embl\u00e9matiques de l&rsquo;Allemagne, comme le d\u00e9taillent les rapports de l&rsquo;Office f\u00e9d\u00e9ral de la statistique (Destatis).<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Secteur automobile :<\/strong> La plus grande industrie allemande s&rsquo;est effondr\u00e9e de <strong>18,5 %<\/strong> en un seul mois. Bien que Destatis attribue \u00ab\u00a0en partie\u00a0\u00bb ce ph\u00e9nom\u00e8ne aux fermetures pour cong\u00e9s et aux changements de production, une chute de pr\u00e8s d&rsquo;un cinqui\u00e8me en un mois n&rsquo;est pas un \u00e9v\u00e9nement saisonnier ; c&rsquo;est un arr\u00eat d&rsquo;urgence. Cette chute est le point culminant d&rsquo;une temp\u00eate parfaite : (1) L&rsquo;impact direct des nouveaux droits de douane am\u00e9ricains de 15 % sur les v\u00e9hicules de l&rsquo;UE, qui frappent un march\u00e9 d&rsquo;exportation cl\u00e9 ; (2) La concurrence intense des fabricants chinois de v\u00e9hicules \u00e9lectriques ; et (3) La faiblesse de la demande mondiale.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Machines et \u00e9quipements (M&amp;E) :<\/strong> Ce secteur, \u00e9pine dorsale du <em>Mittelstand<\/em> (petites et moyennes entreprises), a chut\u00e9 de <strong>6,2 %<\/strong>. Cela confirme les sombres perspectives de l&rsquo;association VDMA, qui a d\u00e9j\u00e0 revu \u00e0 la baisse ses pr\u00e9visions pour 2025, tablant sur une contraction de la production r\u00e9elle de 5 %. Cela indique que les clients mondiaux de l&rsquo;Allemagne ont arr\u00eat\u00e9 leurs investissements en capital.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Industrie pharmaceutique :<\/strong> La production a chut\u00e9 de <strong>10,3 %<\/strong> en ao\u00fbt.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Industrie chimique :<\/strong> Ce secteur, tout comme l&rsquo;automobile, a connu une <em>chute \u00e0 deux chiffres<\/em> de sa production depuis 2019. \u00c9tant l&rsquo;un des secteurs les plus \u00e9nergivores, son effondrement est la preuve la plus \u00e9vidente que la politique \u00e9nerg\u00e9tique allemande n&rsquo;a pas r\u00e9ussi \u00e0 garantir des prix comp\u00e9titifs.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La crise de l&rsquo;acier : Symbole d&rsquo;une industrie assi\u00e9g\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<p>La situation de l&rsquo;industrie sid\u00e9rurgique allemande est si grave que le chancelier Merz a convoqu\u00e9 un \u00ab\u00a0Sommet de l&rsquo;acier\u00a0\u00bb d&rsquo;urgence le 6 novembre 2025. La production d&rsquo;acier allemande a chut\u00e9 de 10,7 % au cours des neuf premiers mois de 2025, et la production annuelle devrait rester sous le seuil de r\u00e9cession de 40 millions de tonnes pour la quatri\u00e8me ann\u00e9e cons\u00e9cutive.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;industrie sid\u00e9rurgique sert de microcosme \u00e0 tous les probl\u00e8mes de l&rsquo;Allemagne. Elle est simultan\u00e9ment \u00e9cras\u00e9e par :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Les co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie :<\/strong> Les prix \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 constituent un fardeau majeur.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Les droits de douane \u00e0 l&rsquo;exportation :<\/strong> L&rsquo;industrie est confront\u00e9e \u00e0 des droits de douane punitifs de 50 % sur ses exportations vers les \u00c9tats-Unis.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Les importations \u00e0 bas prix :<\/strong> Elle est mise \u00e0 mal par des importations bon march\u00e9, notamment de Chine.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L&rsquo;effondrement de la demande int\u00e9rieure :<\/strong> Ses principaux clients, les industries de l&rsquo;automobile et des machines, sont eux-m\u00eames en crise.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L&rsquo;\u00e9chec de la transition verte :<\/strong> Portant un coup d\u00e9vastateur \u00e0 la cr\u00e9dibilit\u00e9 de la politique climatique allemande, le g\u00e9ant de l&rsquo;acier ArcelorMittal a <em>annul\u00e9<\/em> ses plans de 1,3 milliard d&rsquo;euros pour des projets de d\u00e9carbonation (DRI-EAF) en Allemagne. L&rsquo;entreprise a d\u00e9clar\u00e9 que \u00ab\u00a0l&rsquo;acier vert\u00a0\u00bb n&rsquo;est pas \u00e9conomiquement viable dans les conditions actuelles du march\u00e9 et de la politique \u00e9nerg\u00e9tique.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p><strong>Production industrielle allemande par secteurs cl\u00e9s (ao\u00fbt 2025)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><thead><tr><td><strong>Secteur industriel<\/strong><\/td><td><strong>Variation mensuelle (ao\u00fbt 2025, ajust\u00e9e)<\/strong><\/td><td><strong>Contexte \/ Pr\u00e9vision annuelle<\/strong><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><strong>Industrie (Total)<\/strong><\/td><td>-4,3%<\/td><td>Production au plus bas niveau depuis mai 2020.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Secteur automobile<\/strong><\/td><td>-18,5%<\/td><td>Plus grand secteur d&rsquo;Allemagne ; affect\u00e9 par les cong\u00e9s et les chocs de demande\/droits de douane.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Machines et \u00e9quipements<\/strong><\/td><td>-6,2%<\/td><td>Pr\u00e9vision VDMA 2025 : -5% de contraction.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Industrie pharmaceutique<\/strong><\/td><td>-10,3%<\/td><td>Forte baisse dans un secteur \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Industrie chimique<\/strong><\/td><td>(Baisse \u00e0 deux chiffres depuis 2019)<\/td><td>Secteur \u00e9nergivore souffrant de co\u00fbts structurels.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Production d&rsquo;acier<\/strong><\/td><td>(Jan-Sep 2025 : -10,7% A\/A)<\/td><td>Affect\u00e9e par les droits de douane, les co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie et les importations.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Les vents contraires structurels : Pourquoi l&rsquo;Allemagne cale-t-elle?<\/h2>\n\n\n\n<p>La crise industrielle de l&rsquo;Allemagne n&rsquo;est pas simplement cyclique ; elle est profond\u00e9ment enracin\u00e9e dans des vents contraires structurels \u00e0 long terme qui ont \u00e9rod\u00e9 la comp\u00e9titivit\u00e9 du pays. Les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;\u00e9nergie, une crise d\u00e9mographique qui s&rsquo;acc\u00e9l\u00e8re et une bureaucratie paralysante ont cr\u00e9\u00e9 un environnement op\u00e9rationnel hostile que le capital seul ne peut r\u00e9soudre.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le fardeau des co\u00fbts de l&rsquo;\u00e9nergie : Un d\u00e9savantage concurrentiel permanent<\/h3>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la baisse depuis les sommets de 2022, les prix de l&rsquo;\u00e9nergie en Allemagne restent un d\u00e9savantage concurrentiel fondamental. Les prix de l&rsquo;\u00e9nergie demeurent environ 80 % plus \u00e9lev\u00e9s qu&rsquo;avant la crise, contre une augmentation de seulement 25 % aux \u00c9tats-Unis. L&rsquo;abandon du nucl\u00e9aire et la perte du gaz russe bon march\u00e9 par gazoduc ont rendu l&rsquo;industrie allemande d\u00e9pendante des importations de Gaz Naturel Liqu\u00e9fi\u00e9 (GNL), qui est \u00ab\u00a0beaucoup plus cher\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s du gaz et de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 un \u00ab\u00a0fardeau majeur\u00a0\u00bb pour la comp\u00e9titivit\u00e9 manufacturi\u00e8re, frappant le plus durement les secteurs \u00e9nergivores comme l&rsquo;acier et la chimie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le gouvernement a reconnu qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo;une crise existentielle. Lors du sommet \u00ab\u00a0Les amis de l&rsquo;industrie\u00a0\u00bb du 3 novembre 2025, la ministre de l&rsquo;\u00c9conomie, Katerina Reiche, a annonc\u00e9 un plan de <em>subvention au prix de l&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 industrielle<\/em>. Les d\u00e9tails du plan comprennent :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Objectif :<\/strong> Un prix plafond de 5 centimes par kilowattheure (kWh).<\/li>\n\n\n\n<li><strong>D\u00e9but :<\/strong> 1er janvier 2026.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Co\u00fbt :<\/strong> Environ 4,5 milliards d&rsquo;euros sur trois ans.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Cette subvention repr\u00e9sente un changement de paradigme. C&rsquo;est une man\u0153uvre d\u00e9fensive con\u00e7ue pour emp\u00eacher la base industrielle allemande de se d\u00e9localiser vers des juridictions \u00e0 moindre co\u00fbt. Elle n\u00e9cessite toutefois l&rsquo;approbation de l&rsquo;UE en mati\u00e8re d&rsquo;aides d&rsquo;\u00c9tat et risque de d\u00e9courager les \u00e9conomies d&rsquo;\u00e9nergie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le fardeau d\u00e9mographique : La crise de la p\u00e9nurie de main-d&rsquo;\u0153uvre<\/h3>\n\n\n\n<p>Le frein structurel le plus puissant et le moins soluble est le \u00ab\u00a0changement d\u00e9mographique\u00a0\u00bb de l&rsquo;Allemagne. Le probl\u00e8me n&rsquo;est plus th\u00e9orique ; c&rsquo;est une crise aigu\u00eb. En mars 2025, le pays est confront\u00e9 \u00e0 des p\u00e9nuries dans 163 professions, contre 70 au d\u00e9but de l&rsquo;ann\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La p\u00e9nurie est la plus grave dans les professions \u00e0 plus forte valeur ajout\u00e9e, cruciales pour la transformation \u00e9conomique : gestionnaires de TI, professionnels des STIM (sciences, technologies, ing\u00e9nierie et math\u00e9matiques), ing\u00e9nieurs (architecture, planification), m\u00e9decins et infirmiers.<\/p>\n\n\n\n<p>Le pronostic d\u00e9mographique est sombre. Selon les pr\u00e9visions actuelles du gouvernement, la population en \u00e2ge de travailler (de 20 \u00e0 64 ans) <em>diminuera de 3,9 millions de personnes d&rsquo;ici 2030<\/em>. D&rsquo;ici 2060, le d\u00e9ficit pourrait d\u00e9passer 10 millions de travailleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est la contrainte ultime \u00e0 la croissance. La nouvelle relance budg\u00e9taire (analys\u00e9e \u00e0 la section 4) peut cr\u00e9er une <em>demande<\/em> de travailleurs pour construire des infrastructures, mais elle ne peut pas <em>cr\u00e9er<\/em> les 3,9 millions de travailleurs qualifi\u00e9s qui disparaissent du march\u00e9 du travail. Cette p\u00e9nurie de main-d&rsquo;\u0153uvre impose un plafond strict \u00e0 la croissance potentielle de l&rsquo;Allemagne, que Goldman Sachs estime \u00e0 seulement 0,8 %.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le \u00ab\u00a0carcan\u00a0\u00bb bureaucratique : Un fardeau auto-impos\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<p>Le troisi\u00e8me grand frein structurel est le fardeau auto-impos\u00e9 de la bureaucratie. La \u00ab\u00a0bureaucratie labyrinthique\u00a0\u00bb, la \u00ab\u00a0r\u00e9glementation excessive\u00a0\u00bb et l&rsquo;administration publique \u00ab\u00a0inefficace\u00a0\u00bb sont identifi\u00e9es par le Conseil allemand des experts \u00e9conomiques (GCEE) et l&rsquo;OCDE comme un obstacle majeur \u00e0 la productivit\u00e9 et \u00e0 l&rsquo;investissement.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse, le GCEE (rapport du printemps 2025) a propos\u00e9 des solutions sp\u00e9cifiques pour une \u00ab\u00a0r\u00e9vision l\u00e9gislative et administrative\u00a0\u00bb. Les principales recommandations sont les suivantes :<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Mettre en place des \u00ab\u00a0guichets uniques num\u00e9riques\u00a0\u00bb pour rationaliser les processus.<\/li>\n\n\n\n<li>Permettre l&rsquo;accomplissement (partiellement) automatis\u00e9 des obligations d&rsquo;information gr\u00e2ce \u00e0 des \u00ab\u00a0interfaces num\u00e9riques et des formulaires pr\u00e9remplis\u00a0\u00bb.<\/li>\n\n\n\n<li>Recourir davantage aux \u00ab\u00a0approbations tacites\u00a0\u00bb (autorisations r\u00e9put\u00e9es accord\u00e9es) pour acc\u00e9l\u00e9rer les permis.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Le nouveau gouvernement a cr\u00e9\u00e9 un minist\u00e8re f\u00e9d\u00e9ral de la Transformation num\u00e9rique et de la Modernisation du gouvernement (BMDS) et a allou\u00e9 plus de 4 milliards d&rsquo;euros en 2025 \u00e0 la num\u00e9risation de l&rsquo;administration publique et \u00e0 l&rsquo;expansion du haut d\u00e9bit. Le succ\u00e8s de cette r\u00e9forme bureaucratique est une variable cl\u00e9 qui d\u00e9terminera si les investissements du nouveau fonds budg\u00e9taire (section 4) seront d\u00e9ploy\u00e9s efficacement ou s&#8217;embourberont dans les processus d&rsquo;approbation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le virage budg\u00e9taire de 2025 : Une nouvelle doctrine \u00e9conomique allemande<\/h2>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 la stagnation \u00e9conomique, \u00e0 la d\u00e9t\u00e9rioration de l&rsquo;industrie et \u00e0 des ann\u00e9es de sous-investissement, le gouvernement allemand a op\u00e9r\u00e9 un virage \u00e0 180 degr\u00e9s dans sa politique budg\u00e9taire en 2025. Ce mouvement abandonne l&rsquo;orthodoxie budg\u00e9taire de l&rsquo;\u00e8re Merkel, connue sous le nom de <em>Schwarze Null<\/em> (z\u00e9ro d\u00e9ficit), et la remplace par une politique d&rsquo;expansion budg\u00e9taire massive con\u00e7ue pour moderniser le pays.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le contexte : L&rsquo;\u00e9chec du <em>Schuldenbremse<\/em> (frein \u00e0 l&rsquo;endettement)<\/h3>\n\n\n\n<p>Le <em>Schuldenbremse<\/em> (frein \u00e0 l&rsquo;endettement) allemand, une r\u00e8gle constitutionnelle introduite en 2009, limite le d\u00e9ficit structurel f\u00e9d\u00e9ral \u00e0 0,35 % du PIB. Bien que con\u00e7ue pour garantir la stabilit\u00e9 financi\u00e8re, elle a conduit dans la pratique \u00e0 un sous-investissement chronique, laissant l&rsquo;Allemagne avec des infrastructures vieillissantes et un retard dans la num\u00e9risation.<\/p>\n\n\n\n<p>La confluence de la crise industrielle, du choc \u00e9nerg\u00e9tique et des nouvelles exigences g\u00e9opolitiques (la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9penses massives de d\u00e9fense) a rendu politiquement intenable le strict respect du <em>Schuldenbremse<\/em>. Le nouveau gouvernement du chancelier Friedrich Merz, \u00e9lu en f\u00e9vrier 2025, est arriv\u00e9 au pouvoir avec le mandat de combler ce d\u00e9ficit d&rsquo;investissement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La r\u00e9forme de mars 2025 : Un changement de Constitution<\/h3>\n\n\n\n<p>En mars 2025, le gouvernement a fait adopter une r\u00e9forme constitutionnelle historique du frein \u00e0 l&rsquo;endettement. La r\u00e9forme n&rsquo;a pas aboli le frein \u00e0 l&rsquo;endettement, mais l&rsquo;a l\u00e9galement contourn\u00e9e par deux m\u00e9canismes principaux :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Le fonds extrabudg\u00e9taire de 500 milliards d&rsquo;euros :<\/strong> Un fonds sp\u00e9cial de 500 milliards d&rsquo;euros (\u00e9quivalent \u00e0 11,6 % du PIB 2024) a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9. Ce fonds est explicitement <em>hors du champ<\/em> de calcul du frein \u00e0 l&rsquo;endettement. Son objectif est de financer des projets \u00e0 long terme dans les infrastructures, les transports, l&rsquo;\u00e9nergie, la num\u00e9risation, la sant\u00e9, l&rsquo;\u00e9ducation et la recherche, ainsi que des investissements pour atteindre les objectifs climatiques.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>L&rsquo;exemption pour la d\u00e9fense :<\/strong> La r\u00e9forme stipule \u00e9galement que les d\u00e9penses de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9 <em>sup\u00e9rieures<\/em> \u00e0 1 % du PIB sont <em>exclues<\/em> de la limite du frein \u00e0 l&rsquo;endettement.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>C&rsquo;est l&rsquo;abandon formel de l&rsquo;aust\u00e9rit\u00e9. Le gouvernement a cr\u00e9\u00e9 des v\u00e9hicules juridiques pour d\u00e9penser massivement tout en pr\u00e9tendant techniquement adh\u00e9rer \u00e0 la r\u00e8gle constitutionnelle. C&rsquo;est le virage keyn\u00e9sien le plus important de la politique \u00e9conomique allemande moderne, provoqu\u00e9 par une crise existentielle.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Impact sur les finances publiques<\/h3>\n\n\n\n<p>Ces nouvelles d\u00e9penses, combin\u00e9es \u00e0 une \u00e9conomie faible, maintiendront le d\u00e9ficit \u00e0 un niveau \u00e9lev\u00e9. Les administrations publiques ont d\u00e9j\u00e0 enregistr\u00e9 un d\u00e9ficit de 28,9 milliards d&rsquo;euros au premier semestre 2025, apr\u00e8s un d\u00e9ficit de 2,7 % du PIB en 2024. La Commission europ\u00e9enne pr\u00e9voit que le d\u00e9ficit restera \u00e9lev\u00e9, \u00e0 -2,7 % du PIB en 2025, et qu&rsquo;il augmentera \u00e0 -2,9 % en 2026.<\/p>\n\n\n\n<p>Par cons\u00e9quent, la trajectoire de la dette publique allemande est d\u00e9sormais sans \u00e9quivoque \u00e0 la hausse. La Commission europ\u00e9enne pr\u00e9voit que le ratio Dette\/PIB passera de 62,5 % fin 2024 \u00e0 <strong>63,8 % en 2025<\/strong> et <strong>64,7 % en 2026<\/strong>. D&rsquo;autres pr\u00e9visions, comme celles du FMI et de Trading Economics, s&rsquo;accordent sur un chiffre de 63,8 % \u00e0 65,4 % pour 2025.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette augmentation de la dette au-dessus du seuil de 60 % de Maastricht n&rsquo;est pas un \u00e9v\u00e9nement temporaire ; c&rsquo;est une nouvelle posture budg\u00e9taire. Et c&rsquo;est cette nouvelle posture qui cr\u00e9e un conflit fondamental avec le r\u00f4le de l&rsquo;Allemagne au sein de l&rsquo;Union europ\u00e9enne.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La position de l&rsquo;Allemagne dans l&rsquo;UE : Le faucon devient colombe<\/h2>\n\n\n\n<p>La nouvelle doctrine budg\u00e9taire interne de l&rsquo;Allemagne a des implications imm\u00e9diates et profondes sur sa position au sein de l&rsquo;Union europ\u00e9enne. L&rsquo;Allemagne reste l&rsquo;ancre \u00e9conomique du bloc, mais son virage vers des d\u00e9penses financ\u00e9es par la dette la met en contradiction directe avec les r\u00e8gles qu&rsquo;elle a elle-m\u00eame d\u00e9fendues, transformant son r\u00f4le de principal \u00ab\u00a0faucon\u00a0\u00bb budg\u00e9taire de l&rsquo;UE en celui d&rsquo;une d\u00e9sob\u00e9issance strat\u00e9gique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;ancre \u00e9conomique et le contributeur net<\/h3>\n\n\n\n<p>La centralit\u00e9 \u00e9conomique de l&rsquo;Allemagne n&rsquo;a pas diminu\u00e9. En 2025, le pays repr\u00e9sente 23,7 % de l&rsquo;\u00e9conomie de la zone euro. Il reste le plus grand contributeur net au budget de l&rsquo;UE en termes absolus, une position qui, bien que politiquement sensible au niveau national, est mal interpr\u00e9t\u00e9e selon le minist\u00e8re allemand des Affaires \u00e9trang\u00e8res, qui affirme que l&rsquo;Allemagne est un \u00ab\u00a0b\u00e9n\u00e9ficiaire net\u00a0\u00bb de l&rsquo;UE, et non un \u00ab\u00a0contributeur net\u00a0\u00bb, en raison des avantages du march\u00e9 unique.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le \u00ab\u00a0dilemme budg\u00e9taire\u00a0\u00bb de l&rsquo;Allemagne : Conflit avec les r\u00e8gles de l&rsquo;UE<\/h3>\n\n\n\n<p>Le conflit central r\u00e9side dans l&rsquo;incompatibilit\u00e9 de la nouvelle politique budg\u00e9taire allemande (section 4) avec les r\u00e8gles budg\u00e9taires de l&rsquo;UE (le Pacte de stabilit\u00e9 et de croissance, PSC).<\/p>\n\n\n\n<p>Le PSC (m\u00eame apr\u00e8s sa r\u00e9forme) exige des \u00c9tats membres dont la dette d\u00e9passe 60 % du PIB (l&rsquo;Allemagne atteindra 64,7 % et continuera d&rsquo;augmenter) qu&rsquo;ils mettent en \u0153uvre des plans de r\u00e9duction de leur dette. La nouvelle posture budg\u00e9taire de l&rsquo;Allemagne, qui utilise 500 milliards d&rsquo;euros de d\u00e9penses <em>extrabudg\u00e9taires<\/em>, garantit l\u00e9galement que sa dette <em>augmentera<\/em> continuellement, et non qu&rsquo;elle diminuera.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme le soulignent les analystes du <em>think tank<\/em> Bruegel, \u00ab\u00a0la pleine utilisation de la marge d&rsquo;endettement dans le cadre du nouveau frein \u00e0 l&rsquo;endettement entrerait en conflit avec les r\u00e8gles budg\u00e9taires de l&rsquo;UE sur un plan tr\u00e8s fondamental\u00a0\u00bb. Cela cr\u00e9e un dilemme de cr\u00e9dibilit\u00e9 pour la Commission europ\u00e9enne. Comment la Commission peut-elle faire respecter les r\u00e8gles de d\u00e9ficit \u00e0 des pays comme l&rsquo;Italie, alors que l&rsquo;Allemagne, l&rsquo;architecte historique de ces r\u00e8gles, utilise des \u00ab\u00a0artifices\u00a0\u00bb comptables (fonds extrabudg\u00e9taires) pour contourner ces m\u00eames r\u00e8gles \u00e0 une \u00e9chelle beaucoup plus grande?<\/p>\n\n\n\n<p>Le \u00ab\u00a0demi-tour\u00a0\u00bb de l&rsquo;Allemagne a rendu le PSC de l&rsquo;UE, dans la pratique, inapplicable. Berlin a donn\u00e9 la priorit\u00e9 \u00e0 sa survie \u00e9conomique int\u00e9rieure sur son r\u00f4le historique de gardien fiscal de l&rsquo;UE.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pousser \u00e0 l&rsquo;int\u00e9gration : Au-del\u00e0 du budget<\/h3>\n\n\n\n<p>Consciente que son mod\u00e8le d&rsquo;exportation mondial se fracture (comme d\u00e9taill\u00e9 \u00e0 la section 6) et que sa politique budg\u00e9taire interne a des limites, l&rsquo;Allemagne pousse \u00e0 une plus grande int\u00e9gration de l&rsquo;UE sur d&rsquo;autres fronts pour g\u00e9n\u00e9rer de la croissance.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Proposition d&rsquo;un march\u00e9 des capitaux :<\/strong> En octobre 2025, le chancelier Merz a lanc\u00e9 un appel tr\u00e8s m\u00e9diatis\u00e9 en faveur de la cr\u00e9ation d&rsquo;un \u00ab\u00a0march\u00e9 boursier europ\u00e9en unique\u00a0\u00bb. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une d\u00e9marche strat\u00e9gique. Les d\u00e9cideurs politiques allemands reconnaissent que l&rsquo;Europe est en train de perdre la course \u00e0 la technologie et \u00e0 la croissance ; la capitalisation boursi\u00e8re d&rsquo;un seul g\u00e9ant technologique am\u00e9ricain comme NVIDIA ou Microsoft \u00e9clipse celle de l&rsquo;ensemble de l&rsquo;indice allemand DAX. La proposition de Merz est une tentative de construire des march\u00e9s de capitaux profonds au niveau de l&rsquo;UE pour financer la prochaine g\u00e9n\u00e9ration de croissance des entreprises et concurrencer efficacement les \u00c9tats-Unis et la Chine.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Pression pour le libre-\u00e9change de l&rsquo;UE :<\/strong> L&rsquo;Allemagne fait \u00e9galement fortement pression pour que l&rsquo;UE ratifie les accords de libre-\u00e9change en suspens, comme l&rsquo;accord avec le Mercosur (qui comprend le Br\u00e9sil et l&rsquo;Argentine). Alors que ses march\u00e9s traditionnels aux \u00c9tats-Unis et en Chine deviennent hostiles, l&rsquo;Allemagne a d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment besoin que l&rsquo;UE ouvre de nouveaux march\u00e9s pour ses produits industriels, tels que les voitures, les machines et les produits chimiques.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Naviguer dans un march\u00e9 mondial fractur\u00e9 : La fin de l&rsquo;<em>Exportweltmeister<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p>Le pilier fondamental du mod\u00e8le \u00e9conomique allemand de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, son statut d&rsquo;<em>Exportweltmeister<\/em> (champion du monde de l&rsquo;exportation), se d\u00e9sint\u00e8gre sous le poids d&rsquo;un protectionnisme mondial r\u00e9surgent et d&rsquo;une concurrence accrue. En 2025, l&rsquo;Allemagne s&rsquo;est retrouv\u00e9e prise en tenaille sur le plan g\u00e9opolitique entre ses deux plus importants partenaires commerciaux : les \u00c9tats-Unis et la Chine.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le choc tarifaire de \u00ab\u00a0Trump 2.0\u00a0\u00bb et l&rsquo;effondrement du commerce avec les \u00c9tats-Unis<\/h3>\n\n\n\n<p>Le retour de Donald Trump \u00e0 la pr\u00e9sidence am\u00e9ricaine en 2025 s&rsquo;est accompagn\u00e9 d&rsquo;une nouvelle vague de droits de douane qui ont frapp\u00e9 directement au c\u0153ur de l&rsquo;industrie allemande.<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Acier et aluminium :<\/strong> Le 4 juin 2025, les \u00c9tats-Unis ont doubl\u00e9 les droits de douane de la section 232 sur l&rsquo;acier et l&rsquo;aluminium, faisant passer le taux de 25 % \u00e0 <strong>50 %<\/strong>.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Biens de l&rsquo;UE :<\/strong> Apr\u00e8s n\u00e9gociations, un droit de douane g\u00e9n\u00e9ral de <strong>15 %<\/strong> sur la plupart des exportations de l&rsquo;UE vers les \u00c9tats-Unis est entr\u00e9 en vigueur le 7 ao\u00fbt 2025.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>L&rsquo;impact a \u00e9t\u00e9 imm\u00e9diat et d\u00e9vastateur. Les exportations allemandes vers les \u00c9tats-Unis, qui \u00e9taient le principal partenaire commercial de l&rsquo;Allemagne en 2024, sont en chute libre. Les exportations vers les \u00c9tats-Unis ont chut\u00e9 de 15,1 % entre janvier et juillet 2025 par rapport \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. La tendance s&rsquo;est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9e avec l&rsquo;entr\u00e9e en vigueur des droits de douane : les exportations vers les \u00c9tats-Unis ont chut\u00e9 de 20,1 % ou 23,5 % pour le seul mois d&rsquo;ao\u00fbt.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces droits de douane sont une cause directe de la crise dans le secteur automobile et celui de la sid\u00e9rurgie. Le march\u00e9 am\u00e9ricain, qui a longtemps \u00e9t\u00e9 un pilier de la rentabilit\u00e9 industrielle allemande, est en train de se fermer activement.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le dilemme chinois : De partenaire commercial n\u00b01 \u00e0 d\u00e9ficit record<\/h3>\n\n\n\n<p>Alors que le commerce avec les \u00c9tats-Unis s&rsquo;effondrait, la Chine a d\u00e9pass\u00e9 les \u00c9tats-Unis au cours des huit premiers mois de 2025 pour devenir le principal partenaire commercial de l&rsquo;Allemagne.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, ce titre est un \u00ab\u00a0leadership empoisonn\u00e9\u00a0\u00bb pour l&rsquo;Allemagne. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un artefact statistique caus\u00e9 par l&rsquo;effondrement des exportations vers les \u00c9tats-Unis, qui masque une dynamique commerciale profond\u00e9ment pr\u00e9occupante et parasitaire :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Les exportations allemandes vers la Chine s&rsquo;effondrent :<\/strong> Les exportations allemandes vers la Chine ont chut\u00e9 de <strong>13,5 %<\/strong> en glissement annuel au cours des huit premiers mois de 2025. La raison est simple : la Chine est pass\u00e9e du statut de <em>client<\/em> \u00e0 celui de <em>concurrent<\/em> cl\u00e9. Elle n&rsquo;a plus autant besoin de machines et de voitures haut de gamme allemandes car elle fabrique les siennes.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Les importations chinoises sont en plein essor :<\/strong> Dans le m\u00eame temps, les importations allemandes en provenance de Chine augmentent.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Le r\u00e9sultat : Un d\u00e9ficit record :<\/strong> Cette dynamique a cr\u00e9\u00e9 un <em>d\u00e9ficit commercial record<\/em> avec la Chine, qui devrait atteindre 87 milliards d&rsquo;euros en 2025.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Allemagne est <em>prise en \u00e9tau<\/em>. Elle perd son march\u00e9 d&rsquo;exportation \u00e0 haute valeur ajout\u00e9e aux \u00c9tats-Unis (\u00e0 cause des droits de douane) et perd <em>aussi<\/em> son march\u00e9 d&rsquo;exportation en Chine (\u00e0 cause de la concurrence). Simultan\u00e9ment, elle est inond\u00e9e d&rsquo;importations chinoises \u00e0 bas prix qui exacerbent la crise de ses propres industries nationales, comme la sid\u00e9rurgie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;\u00e9rosion de l&rsquo;exc\u00e9dent<\/h3>\n\n\n\n<p>La cons\u00e9quence in\u00e9vitable de cet \u00ab\u00a0\u00e9tau\u00a0\u00bb commercial est l&rsquo;\u00e9rosion du c\u00e9l\u00e8bre exc\u00e9dent commercial allemand. L&rsquo;exc\u00e9dent commercial total de janvier \u00e0 juillet 2025 a diminu\u00e9 de 21,2 % par rapport \u00e0 l&rsquo;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. L&rsquo;exc\u00e9dent mensuel n&rsquo;a cess\u00e9 de se r\u00e9duire.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela marque la fin du mod\u00e8le \u00e9conomique allemand tel que nous le connaissions. L&rsquo;Allemagne ne peut plus compter sur les exportations mondiales pour financer sa prosp\u00e9rit\u00e9. Elle <em>doit<\/em> g\u00e9n\u00e9rer de la croissance en interne, ce qui fait du succ\u00e8s du plan de relance budg\u00e9taire de 500 milliards d&rsquo;euros (section 4) non plus une simple option, mais une n\u00e9cessit\u00e9 existentielle.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Balance commerciale de l&rsquo;Allemagne avec ses partenaires cl\u00e9s (janvier-ao\u00fbt 2025)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><thead><tr><td><strong>Partenaire commercial<\/strong><\/td><td><strong>Commerce total (Mds \u20ac)<\/strong><\/td><td><strong>Exportations allemandes (Mds \u20ac)<\/strong><\/td><td><strong>Var. % Export. (A\/A)<\/strong><\/td><td><strong>Importations allemandes (Mds \u20ac)<\/strong><\/td><td><strong>Balance commerciale (Mds \u20ac)<\/strong><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><strong>Chine<\/strong><\/td><td>166,3 \/ 163,4<\/td><td>54,7<\/td><td><strong>-13,5%<\/strong><\/td><td>108,8<\/td><td><strong>-54,1<\/strong> (D\u00e9ficit)<\/td><\/tr><tr><td><strong>\u00c9tats-Unis<\/strong><\/td><td>164,4 \/ 162,8<\/td><td>101,0 \/ 99,6<\/td><td>-6,5% \/ <strong>-7,4%<\/strong><\/td><td>63,4<\/td><td>+37,6 (Exc\u00e9dent)<\/td><\/tr><tr><td><strong>Union europ\u00e9enne (Intra-UE)<\/strong><\/td><td>~131,3 (Ao\u00fbt seul.)<\/td><td>~72,5 (Ao\u00fbt seul.)<\/td><td>-2,5% (M\/M)<\/td><td>~58,8 (Ao\u00fbt seul.)<\/td><td>+13,7 (Exc\u00e9dent, Ao\u00fbt seul.)<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Perspectives \u00e9conomiques (2026-27) et conclusion analytique<\/h2>\n\n\n\n<p>L&rsquo;avenir de l&rsquo;\u00e9conomie allemande est d\u00e9sormais au centre d&rsquo;un d\u00e9bat analytique majeur. L&rsquo;ancien mod\u00e8le d&rsquo;exportation \u00e9tant bris\u00e9 et un nouveau mod\u00e8le de relance budg\u00e9taire interne venant d&rsquo;\u00eatre lanc\u00e9, les pr\u00e9visionnistes sont divis\u00e9s sur la question de savoir si l&rsquo;intervention massive du gouvernement sera suffisante pour surmonter les profonds freins structurels et g\u00e9opolitiques.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La bataille des pr\u00e9visions : Relance budg\u00e9taire contre fardeau structurel?<\/h3>\n\n\n\n<p>Deux camps distincts et oppos\u00e9s s&rsquo;affrontent dans les pr\u00e9visions pour l&rsquo;Allemagne en 2026-2027.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>1. Le consensus pessimiste (l&rsquo;approche structurelle)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Acteurs :<\/strong> Commission europ\u00e9enne (CE), Institut Ifo, F\u00e9d\u00e9ration des industries (BDI).<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Pr\u00e9vision :<\/strong> Ce groupe pr\u00e9voit une reprise faible, avec une croissance du PIB r\u00e9el pour 2026 comprise entre <strong>+1,1 % et +1,3 %<\/strong>.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Argument :<\/strong> Ce consensus estime que les <em>freins structurels<\/em> (d\u00e9mographie, co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de l&rsquo;\u00e9nergie, bureaucratie) et les <em>vents contraires mondiaux<\/em> (droits de douane, concurrence chinoise) sont trop puissants pour permettre une croissance robuste.<\/li>\n\n\n\n<li>Il est crucial de noter que les pr\u00e9visions de la Commission europ\u00e9enne et de l&rsquo;Institut Ifo <em>n&rsquo;int\u00e8grent pas encore pleinement<\/em> l&rsquo;impact du nouveau plan budg\u00e9taire de 500 milliards d&rsquo;euros, car les plans n&rsquo;ont pas \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s \u00ab\u00a0suffisamment d\u00e9taill\u00e9s\u00a0\u00bb au moment de leurs publications. Leurs pr\u00e9visions repr\u00e9sentent donc une <em>r\u00e9f\u00e9rence<\/em> de faiblesse structurelle, <em>sans<\/em> le plein effet de la relance.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>2. L&rsquo;optimiste solitaire (l&rsquo;approche budg\u00e9taire)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><strong>Acteur :<\/strong> Goldman Sachs Research.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Pr\u00e9vision :<\/strong> \u00ab\u00a0Notablement plus optimiste\u00a0\u00bb. Ils pr\u00e9voient une croissance du PIB r\u00e9el de <strong>+1,4 % en 2026<\/strong> et un robuste <strong>+1,8 % en 2027<\/strong>.<\/li>\n\n\n\n<li><strong>Argument :<\/strong> Le mod\u00e8le de Goldman Sachs <em>mise<\/em> fortement sur les nouvelles d\u00e9penses du gouvernement. Ils estiment que l&rsquo;augmentation massive des d\u00e9penses d&rsquo;infrastructure (les 500 milliards d&rsquo;euros) et de d\u00e9fense (qui devrait atteindre 3,5 % du PIB d&rsquo;ici 2029) <em>surpassera<\/em> les freins structurels. Ils soutiennent que ces d\u00e9penses porteront la croissance bien au-dessus du potentiel estim\u00e9 de l&rsquo;Allemagne, qui n&rsquo;est que de 0,8 %.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong>Comparaison des pr\u00e9visions de croissance du PIB r\u00e9el (2025-2027)<\/strong><\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table class=\"has-fixed-layout\"><thead><tr><td><strong>Organisation<\/strong><\/td><td><strong>2025 (Pr\u00e9v.)<\/strong><\/td><td><strong>2026 (Pr\u00e9v.)<\/strong><\/td><td><strong>2027 (Pr\u00e9v.)<\/strong><\/td><td><strong>Sc\u00e9nario cl\u00e9<\/strong><\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td><strong>Gouvernement allemand<\/strong><\/td><td>+0,2%<\/td><td>+1,3%<\/td><td>+1,4%<\/td><td>Reprise modeste tir\u00e9e par les d\u00e9penses publiques.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Commission europ\u00e9enne<\/strong><\/td><td>0,0%<\/td><td>+1,1%<\/td><td>&#8212;<\/td><td>Stagnation structurelle ; <em>n&rsquo;inclut pas<\/em> le nouveau plan budg\u00e9taire.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Institut Ifo<\/strong><\/td><td>+0,2%<\/td><td>+1,3%<\/td><td>+1,6%<\/td><td>Crise persistante ; le plan budg\u00e9taire peut aider <em>s&rsquo;il<\/em> est mis en \u0153uvre.<\/td><\/tr><tr><td><strong>F\u00e9d. des industries (BDI)<\/strong><\/td><td>-0,3%<\/td><td>&#8212;<\/td><td>&#8212;<\/td><td>Contraction due \u00e0 la chute des exportations et aux droits de douane.<\/td><\/tr><tr><td><strong>Goldman Sachs<\/strong><\/td><td>+0,3%<\/td><td><strong>+1,4%<\/strong><\/td><td><strong>+1,8%<\/strong><\/td><td><em>Notablement optimiste ;<\/em> la relance budg\u00e9taire massive surpasse les freins.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La r\u00e9invention forc\u00e9e de l&rsquo;Allemagne<\/h3>\n\n\n\n<p>Ce rapport conclut que l&rsquo;Allemagne est au milieu d&rsquo;une <em>r\u00e9invention forc\u00e9e<\/em>. L&rsquo;ancien mod\u00e8le de l&rsquo;<em>Exportweltmeister<\/em> (champion de l&rsquo;exportation) \u2013 bas\u00e9 sur la prudence budg\u00e9taire, l&rsquo;\u00e9nergie bon march\u00e9 et la supr\u00e9matie industrielle \u2013 est mort. Il a \u00e9t\u00e9 victime de sa propre complaisance, des chocs g\u00e9opolitiques et des changements tectoniques du commerce mondial.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 sa place \u00e9merge un nouveau mod\u00e8le : une \u00e9conomie <em>tir\u00e9e par l&rsquo;investissement int\u00e9rieur<\/em>, financ\u00e9e par une expansion budg\u00e9taire massive et centr\u00e9e sur la souverainet\u00e9 de l&rsquo;UE.<\/p>\n\n\n\n<p>L&rsquo;issue de cette transition est incertaine. Le consensus pessimiste sous-estime probablement la puissance brute d&rsquo;une relance de 500 milliards d&rsquo;euros. \u00c0 l&rsquo;inverse, l&rsquo;optimisme de Goldman Sachs sous-estime la gravit\u00e9 du frein d\u00e9mographique : la relance budg\u00e9taire peut cr\u00e9er une demande de main-d&rsquo;\u0153uvre, mais elle <em>ne peut pas cr\u00e9er<\/em> les 3,9 millions de travailleurs qualifi\u00e9s que l&rsquo;Allemagne perdra d&rsquo;ici 2030.<\/p>\n\n\n\n<p>Le r\u00e9sultat \u00e0 court terme (2026-27) sera probablement une reprise modeste, mais en de\u00e7\u00e0 des espoirs de Goldman Sachs. Le succ\u00e8s \u00e0 long terme de cette <em>nouvelle doctrine \u00e9conomique allemande<\/em> d\u00e9pendra enti\u00e8rement de l&rsquo;<em>ex\u00e9cution<\/em> :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\" class=\"wp-block-list\">\n<li>Les 500 milliards d&rsquo;euros seront-ils d\u00e9pens\u00e9s de mani\u00e8re productive (dans la num\u00e9risation, les r\u00e9seaux \u00e9lectriques intelligents, la R&amp;D)?<\/li>\n\n\n\n<li>Ou seront-ils gaspill\u00e9s en subventions d\u00e9fensives pour des industries moribondes et s&#8217;embourberont-ils dans la m\u00eame bureaucratie que le gouvernement pr\u00e9tend vouloir r\u00e9former?<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>L&rsquo;Allemagne s&rsquo;est lanc\u00e9e dans un pari \u00e0 haut risque. Elle a choisi l&rsquo;<em>investissement<\/em> plut\u00f4t que l&rsquo;<em>aust\u00e9rit\u00e9<\/em> pour sortir de sa crise. Ce faisant, elle a abandonn\u00e9 son identit\u00e9 \u00e9conomique de l&rsquo;apr\u00e8s-guerre, mais elle a peut-\u00eatre, par n\u00e9cessit\u00e9, pos\u00e9 les fondations de la prochaine.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce rapport pr\u00e9sente une analyse approfondie de la situation \u00e9conomique et financi\u00e8re de l&rsquo;Allemagne \u00e0 la fin de 2025. Apr\u00e8s une p\u00e9riode de pr\u00e8s de deux ans de r\u00e9cession et de stagnation, la premi\u00e8re \u00e9conomie europ\u00e9enne se trouve \u00e0 un point d&rsquo;inflexion critique. 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